Marc Baylet, Christophe Brombin, Jérôme D’Orso, et Sven Polhammer, performeurs, danseurs et musicien, forment l’équipe intello-punk-acrobate de Talking Blues.
Quand je les vois ensemble sur le plateau, j’aime penser qu’ils incarnent une fraternité retrouvée dans le lointain écho de l’histoire des beatniks.
Une certaine façon tranquille d’être ensemble, une présence joueuse et libre, une virtuosité de vieux routard…
Entourés de la prose allumée d’Allen Ginsberg qui les enveloppe de mots comme une épaisse fumée, ils parcourent sans effort le spectacle déconstruit. Ils installent leur matériel comme des enfants se font une cabane, avec sérieux et enthousiasme,
dans l’espace évidé d’une scène d’aujourd’hui.
Quelques ampoules pour faire briller la guitare, une couronne et des popcorns en guise d’Amérique, une chaise qui tourne pour s’envoyer en l’air, et, au cas où, une couverture de survie.
C’est sûr, ceux-là ont choisi de faire de l’art comme ils respirent, avec trous d’air et essoufflement sonores, mais avec une constance de marathoniens pour poser leurs clopes, leur musique et leurs pas, ensemble, dans la lignée des anges vagabonds.